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Le travail derrière un

manuscrit accepté

Discussion avec l’autrice Elizabeth Baril-Lessard




Par Joannie Roberge



On le répète souvent, les maisons d’édition reçoivent des centaines de manuscrits chaque année et n’en publient qu’une poignée. Il est donc primordial d’aller chercher les outils pour écrire un roman abouti ayant le potentiel d’être sélectionné. J’en ai parlé avec Elizabeth autour d’un café.


Depuis 2021, l’autrice vit de sa plume, principalement grâce à sa série de romans pour pour adolscent.e.s « Ma vie de … ». Le premier tome, « Ma vie de gâteau sec », fut lauréat du Prix de création littéraire du Salon international du livre de Québec en 2020. La série est aussi publiée en Europe, aux éditions Kennes. Elizabeth écrit présentement son premier roman jeune adulte.


Au-delà du talent


Le parcours de notre collaboratrice (évaluation de manuscrits) est inspirant car il met en lumière la passion et les efforts préalables au succès littéraire. Se butant à plusieurs refus consécutifs dans les écoles de théâtre, elle a décidé qu’elle ne raconterait pas des histoires sur une scène, mais avec sa plume. Elle affirme toutefois que derrière la publication de son premier roman, il y a beaucoup travail et d’apprentissages.


En plus d’avoir suivi des cours de création littéraire, Elizabeth a profité de toutes les occasions pour parfaire sa plume en participant à plusieurs classes de maîtres offertes à la Maison de la littérature ainsi qu’au cercle des auteurs et autrices de la relève. Pendant leurs réunions mensuelles, elle a pu profiter de la rétroaction des participant.e.s sur des chapitres de son roman pour réfléchir à sa démarche et ainsi améliorer son récit.



Le mentorat


Elizabeth a soumis son premier roman au programme de mentorat de la Maison de la littérature (en collaboration avec Première Ovation). Elle ne s’est pas laissée décourager par les deux premiers refus, mais a plutôt utilisé les conseils pour s’améliorer. Elle a soumis son dossier une troisième fois avec succès et a obtenu une bourse d’écriture pour peaufiner son manuscrit en plus de bénéficier l’accompagnement de Martine Latulippe.


Avoir l’humilité d’accepter la critique et les conseils (toujours dans la bienveillance) s’avère essentiel pour mener un texte à son plein potentiel. Au début du programme, sa mentore lui a d’ailleurs dit : « Je ne suis pas là pour que tu m’aimes, je suis là pour faire de toi la meilleure autrice ». C’est donc un manuscrit abouti qu’Elizabeth a envoyé aux maisons d’édition quelques mois plus tard. Résultat: deux réponses positives d’éditeurs intéressés à publier son roman. Elle a choisi d’entrer dans la grande famille des Éditions Les Malins.


Pourquoi écrire des romans jeunesse ?


J’ai posé la question à Elizabeth. Voici sa réponse :


Pour me sentir libre d’approfondir un sujet important, qui souvent ne semble plus l’être passé l’adolescence. La littérature jeunesse va au-devant des tabous, des subtilités humaines et des émotions, qui sont souvent délaissées ou édulcorées dans la littérature pour adulte. Et écrire un roman pour les jeunes est aussi pertinent et difficile qu’écrire un autre type de récit. Je n’écris pas pour les jeunes en « attendant » d’être prête à écrire pour un lectorat plus vieux. J’écris pour eux parce que naturellement c’est mon public. Je parle et réfléchis toujours en concordance avec leurs préoccupations, leurs idéaux et leurs sensibilités. Parce qu’elles sont encore les miennes aussi. Ça me parait donc évident qu’ils soient mes lecteurs et lectrices. Mon rêve, un jour, serait de retirer les classifications en librairie et en bibliothèque, qui séparent la littérature jeunesse de celle pour adultes. Un roman c’est un roman. On choisit notre style, notre genre de lecture, mais pourquoi penser qu’un livre pour les jeunes n’est pas destiné à tout le monde ? À moins de naître à 45 ans, on est tous passés par la jeunesse.





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